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UNDR FO

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Union Nationale FO des Personnels des services des Départements et des Régions

Publié le par unpsdr-fo

Baisse de l'emploi public local : du jamais vu depuis plus de 30 ans !!!

Si l'emploi public est demeuré stable en 2015, avec quelque 5,4 millions de salariés travaillant au sein de la fonction publique, cette année aura surtout été marquée par un recul de 0,3% de l’emploi hors contrats aidés dans la fonction publique territoriale, d'après l'étude statistique publiée le 18 mai par la direction générale de l'administration et fonction publique (DGAFP), qui vient préciser des chiffres obtenus fin 2016. Ce "recul inédit" est le premier enregistré depuis 1980. Une  information à méditer pour le nouveau ministre en charge de la Fonction publique, Gérald Darmanin, qui doit rencontrer les organisations syndicales le 23 mai.

La direction générale de la fonction publique et de l'administration (DGAFP) a rendu publique, jeudi 18 mai, une étude statistique relative aux effectifs de la fonction publique en 2015. Cette dernière vient confirmer et détailler les données sur ce sujet déjà publiées par la DGAFP et l'Insee (voir ci-dessous nos articles du 20 décembre 2016 et du 24 mars).
Au 31 décembre 2015, 5,45 millions de personnes travaillent au sein de la fonction publique en France hors Mayotte. On comptabilise par ailleurs 198.000 bénéficiaires de contrats aidés, de droit privé.

Stabilité d'ensemble
Hors bénéficiaires de contrats aidés, l’emploi est stable dans l’ensemble de la fonction publique en 2015. Cette stabilité intervient après trois années consécutives d’augmentation des effectifs en fin d’année. Toutefois, l’emploi hors contrats aidés augmente dans la fonction publique de l’Etat (FPE) pour la première fois depuis 2003. Cette très légère hausse (+0,1%) s’explique principalement par une augmentation de près de 16.000 personnes dans les effectifs du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et du ministère de la Justice, qui traduit les priorités inscrites dans la loi de finances. S'il en est de même dans la fonction publique hospitalière (FPH),  c’est à un rythme bien inférieur à celui des années précédentes (+0,2% contre +0,9% en 2014 et +1,4% en 2013), précise l'étude.

5.300 agents en moins dans la FPT
L’année 2015 marque par contre un point d’arrêt à l’augmentation continue des effectifs de la FPT. Fin 2015, ses effectifs (hors bénéficiaires de contrats aidés) diminuent de 0,3%, soit une diminution de 5.300 agents. Une telle baisse est inédite, soulignent les auteurs de l'étude qui relèvent que jamais, "depuis 1980", une telle évolution n’avait été mesurée et qu'elle intervient "dans un contexte de diminution de la dotation globale de l’Etat aux collectivités locales et de recomposition des structures intercommunales". En prenant en compte les bénéficiaires de contrats aidés, les effectifs de la FPT augmentent cependant très légèrement en 2015 (0,1%), le recours aux emplois aidés restant dynamique dans ce versant (+9,4%).

La création de la métropole de Lyon affecte la répartition des effectifs
La diminution est importante dans les communes (-1,3%), alors que l’emploi y augmentait en moyenne de 0,4% par an depuis 2005. Les effectifs des établissements communaux diminuent de 1,9%, tandis que dans les établissements intercommunaux, le nombre d’agents n’augmente que de 1,8% contre un accroissement annuel moyen de +4,6% depuis 2005. Au total, le "secteur communal"* voit ses effectifs diminuer de 0,7%.
Ce recul s’explique en grande partie par l’intégration de la métropole de Lyon au sein de la catégorie des départements, conduisant au transfert de 4.800 agents du secteur communal, essentiellement la communauté urbaine antérieurement classée avec les intercommunalités, vers les départements. Sans ces transferts, les effectifs du secteur communal auraient reculé de 0,4%, nuance l'étude. Si l’emploi des départements s’accroît de 1,7%, le transfert d’agents du secteur communal vers la métropole de Lyon explique à lui seul la totalité de l’évolution des effectifs dans les départements. Enfin dans les régions, l’emploi augmente de 0,5%, une augmentation "d’une ampleur réduite" au regard du rythme de croissance moyen des dix dernières années (+18,5%).

Les filières administration et technique sont les plus touchés
Malgré la diminution globale, plusieurs filières voient leurs effectifs augmenter. C’est notamment le cas de la filière animation dont le nombre de postes progresse de 4,3%, soit 4.900 postes supplémentaires. Cette augmentation marque toutefois un net ralentissement par rapport à celle de 2014 (+9,8 %) qui faisait suite à la mise en place des nouveaux rythmes scolaires. La filière sécurité-police municipale voit également ses effectifs augmenter dans des proportions similaires (+4,2% soit 900 agents supplémentaires). On compte enfin 1.100 agents de plus dans la filière médico-sociale. A l’inverse, les effectifs des filières administration et technique, qui regroupent 1,27 million d’agents, diminuent de 0,7%, ce qui représente 9.300 postes de moins en un an.

Plus d'un tiers des agents publics travaillent dans la FPT
En dix ans, le poids de chaque versant dans l’ensemble de la fonction publique s’est considérablement modifié, relèvent les auteurs. Alors qu’elle réunissait encore la moitié des agents publics en 2005, la FPE n’en réunit plus que 44,0% dix ans plus tard. A l’inverse, le poids de la FPT s’est accru pendant cette période de 5 points passant de 29,6% en 2005 à 34,7%, dont la moitié s’explique par des transferts de compétence de l’Ztat aux collectivités locales. Dans le même temps, la part de la FPH a progressé de 1,4 point, pour atteindre 21,3%.

26% des agents territoriaux exercent à temps partiel
Tous les agents ne travaillent pas à temps plein fin 2015. Ils sont 20,6% à exercer leur activité à temps partiel avec une quotité moyenne de travail de 66,6%. Cela porte le nombre d’agents, à 5,07 millions en équivalent temps plein (ETP). C’est dans la FPT, seul versant dans lequel un employeur peut proposer des postes à temps non complet à des fonctionnaires, que la proportion d’agents à temps partiel est la plus élevée  : 26,2% (voir ci-dessous notre article du 1 juin 2016).

Deux tiers des entrants sont contractuels
Au final, si le nombre d’entrants et le nombre de sortants de la fonction publique au 31 décembre s’équilibrent en 2015, le nombre de fonctionnaires entrants ou sortants augmente et le nombre de fonctionnaires sortants reste largement supérieur au nombre d’entrants de même statut (153.500 contre 79.000). C’est l’inverse pour les contractuels. D’ailleurs, malgré une diminution de leur nombre de 4,6%, les entrants contractuels représentent toujours la grande majorité des entrants dans la fonction publique (65,5%). Une phénomène toutefois à relativiser dans la mesure où "une partie des contractuels change de statut, généralement pour devenir fonctionnaire en cours d’année", selon l'étude.

* Le "secteur communal" comprend les communes, les établissements communaux (centres communaux d’action sociale, caisses des écoles…) et intercommunaux (communautés urbaines, communautés de communes et communautés d’agglomération principalement) et d’autres établissements publics administratifs locaux tels que les OPH, les caisses de crédit municipal, les régies, etc...

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Publié le par unpsdr-fo

Plus de 5 millions de fonctionnaires et agents publics des trois versants de la Fonction Publique (État, Territoriale et Hospitalière) soit 20 % de l’emploi salarié, ont cherché en vain leur ministère et le nom de leur ministre lors de la promulgation du nouveau gouvernement.

C’est le Ministère de l’Action et des Comptes Publics qui sera désormais en charge de la Fonction publique et de ses agents.

Il faut remonter dans le temps au gouvernement Fillon pour voir la Fonction publique annexée au ministère financier.

Cette vision purement comptable et budgétaire de la Fonction publique poursuivie par les gouvernements suivants augure mal de la politique qui sera mise en œuvre demain.

Le Président de la République n’a pas caché ses intentions pour la Fonction publique dans son programme «En Marche» :

- 120 000 emplois supprimés sur le quinquennat
- Mettre fin à l’évolution uniforme des rémunérations de toutes les fonctions publiques (pour une logique d’individualisation des rémunérations basée sur le mérite contre la revalorisation du point d’indice)
- Rétablissement du jour de carence
- Remise en cause du Code des pensions civiles et militaires en introduisant un régime unique de retraite en points
- Développer le contrat contre le système des corps de fonctionnaires jugé trop rigide
- Asservissement des cadres dirigeants de la Fonction publique aux politiques gouvernementales avec l’instauration d’un « Spoils System »

FO demande un ministère à part entière pour l’ensemble de la Fonction publique qui garantisse le statut et le principe de carrière reposant sur les catégories et les corps.

Elle rappelle que le traitement des fonctionnaires a été gelé pendant 6 ans (2010-2015) et que la faible revalorisation de 1,2 % sur deux années, et trop tardivement par le gouvernement Valls, est loin de compenser les 16 % de perte de pouvoir d’achat depuis 2010.

Une revalorisation immédiate de la valeur du point d’indice est nécessaire ! Très vigilante sur les orientations gouvernementales pour la Fonction publique, Force Ouvrière réaffirme son attachement à notre modèle social garantissant l’égalité des droits des usagers et la neutralité du service rendu.

FO a, d’ores et déjà, demandé à rencontrer rapidement le nouveau Ministre de l’Action et des Comptes Publics, Monsieur Gérald Darmanin, pour lui porter les revendications de Force Ouvrière.

communiqué FO le 18 mai 2017

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LES 4 VÉRITÉS – 18 MAI 2017

Ce matin Caroline Roux recevait Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière.

Jean-Claude Mailly a le nom de la ministre avec laquelle il va discuter de la réforme du marché du travail : Muriel Pénicaud. Pour le reste, le rythme et la méthode, il va falloir attendre..

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Deux décrets parus au Journal Officiel viennent de modifier les conditions d'avancement de l'échelle C1 (ancienne échelle 3) à l'échelle C2 (anciennes échelles 4 et 5).


Une fois de plus, FO constate que nous avons raison de continuer à revendiquer l'ouverture de véritables négociations sur les grilles indiciaires et que PPCR n'est qu'une vaste tromperie !

Pour plus de précisions, prenez connaissance de la circulaire fédérale ainsi que des deux décrets en question, disponibles ci-dessous.

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Publié le par unpsdr-fo

Les candidats à la présidentielle aux petits soins pour les départements

Les candidats à l'élection présidentielle passent leur grand oral devant les présidents de départements. Faut-il engager une nouvelle réforme territoriale ? Comment permettre aux départements de financer, notamment, le RSA ? Quelle est le rôle des départements, avec la nouvelle organisation institutionnelle qui fait la part belle aux régions et aux métropoles ?

Les associations d’élus avancent leurs pions à moins de deux mois de l’élection présidentielle et l’ADF ne fait pas exception. En préambule de cette matinée de « grand oral » entre aspirants à l’Elysée et présidents de départements, Claude Bartolone et Gérard Larcher ont chacun retenu les grandes orientations de la plateforme présidentielle de l’ADF [1], portée par Dominique Bussereau, président de l’ADF.

Le Président de l’Assemblée a ainsi défendu la fiscalisation des aides sociales et le droit à l’expérimentation, tandis que le président du Sénat a demandé à la future majorité, conformément aux vœux des départements, de « cesser de jouer au mécano territorial ».

Pour les candidats (présents ou représentés), la règle du jeu était simple :

10 minutes pour exposer le programme du candidat, puis des questions des présidents de département (1 de Dominique Bussereau, 1 de chaque groupe, droite et gauche, puis une question de Jean-Baptiste Forray, rédacteur en chef délégué de la Gazette partenaire de cet événement).

Jean-Luc Mélenchon
Nicolas Dupont-Aignan
François Fillon
Emmanuel Macron
Marine Le Pen
Benoît Hamon
 
Jean-Luc Mélenchon

C’est Pierre-Yves Collombat, sénateur (RDSE) du Var et représentant du candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui a déroulé ses propositions le premier. Après avoir dressé un relatif satisfecit au gouvernement pour la réforme du mode de scrutin des élections départementales qui a permis « à la parité de n’être plus une utopie mais une réalité », il a développé les propositions de « la France insoumise » pour les départements, « les véritables leviers de la politique de relance économique que nous souhaitons ».

En premier lieu, « le financement durable des allocations sociales payées par le département pour réinventer les solidarités départementales. C’est comme cela que nous ferons barrage au populisme », a-t-il expliqué, estimant que « là où le FN se développe, ce sont tous les territoires dans lesquels nous avons décidé de remplacer les services publics par des services marchands. »

Alors que François Hollande avait un temps envisagé de maintenir les seuls départements ruraux, le Front de gauche refuse de différencier les départements urbains et ruraux. « A de très rares exceptions, tous les départements ont une partie de leur territoire qui est rurale. Nous avons donc besoin de départements partout pour répondre à la nécessite d’aménagement du territoire. »

Pierre-Yves Collombat s’est également fermement opposé à la création des conseillers territoriaux et à toute réforme du principe de libre-administration territoriale. « Nous en ferions un véritable casus belli ». Le sénateur a enfin défendu le retour à la clause de compétence générale qui a « le mérite de la clarté ».

Fil rouge de son intervention : un virage à 180 degrés dans la définition des priorités budgétaires, condition sine qua non pour « faire des réformes sérieuses ».
 

Nicolas Dupont-Aignan

Le candidat de Debout La France a défendu à la tribune sa vision jacobine. « La vraie question n’est pas celle de savoir si nous souhaitons plus ou moins de décentralisation. Nous devons plutôt nous demander ce que nous souhaitons faire de notre pays et de ses territoires », a expliqué le député-maire de Yerres (Essonne).

« Je suis surpris que vous vous laissiez assassiner avec une telle bonne volonté », s’est exclamé le candidat, avant de dérouler plusieurs propositions éloignées des revendications de l’ADF.

Nicolas Dupont-Aignan propose ainsi de supprimer les conseils régionaux. « Mais nous ne supprimerons pas les régions. Je souhaite organiser une conférence autour des préfets de région et des présidents de département pour décider des grandes orientations économiques à donner aux territoires. Toutes les compétences des régions seront transférées aux départements », détaille-t-il.

Ce transfert de compétences permettrait « l’affectation des recettes des régions aux départements ».

En revanche, les services d’incendie et de secours, les pompiers, doivent « revenir à l’Etat, je ne comprends pas pourquoi ils devraient être pris en charge par les départements », a ajouté Nicolas Dupont-Aignan.

Le parlementaire souhaite également leur permettre de fusionner « sur le principe de volontariat pour aboutir à terme à 70 ou 80 départements. »

Nicolas Dupont-Aignan estime aussi qu’il faut « clarifier le financement des départements pour mettre fin à cet étau inacceptable entre des dotations qui baissent et des dépenses qui augmentent ». Il faut une pause dans la baisse des dotations, car « vous êtes à l’os », a-t-il défendu.

Enfin, le candidat propose « une révolution de la dépense sociale », en rendant obligatoire un jour de bénévolat par semaine pour les allocataires du RSA et en mettant en place « 5 ans de carence des prestations sociales pour étrangers ».

Des propositions qu’il justifie en expliquant que les départements ne peuvent pas être « une CAF géante » et que « la proximité, c’est aussi le retour à l’emploi que facilite le bénévolat des personnes durablement éloignées de l’emploi, ainsi que le contrôle des prestations sociales. »
Non, on ne peut pas obliger un allocataire du RSA à faire du bénévolat

« La question du RSA, c’est la question de l’emploi ! »
« Nous sommes en train de laisser mourir nos territoires. A quoi sert l’élection présidentielle si c’est toujours pour mettre en place les mêmes recettes ? » interroge Nicolas Dupont-Aignan.

Et de conclure : « avec ces mesures, les départements retrouveront de l’air et de la stabilisation dans l’avenir. »
 
 

François Fillon

L’ancien premier ministre, fin connaisseur des territoires de par son parcours par tous les échelons locaux, a tapé fort sur le quinquennat de François Hollande. « Depuis 5 ans, nos départements ont vécu une cure d’austérité sans précédent. Les élus ont été systématiquement écartés des réformes territoriales ces dernières années ».

Le candidat de la droite propose « une simplification sans précédent » qui s’articulerait autour des couples commune-communauté de communes et département-région.

« Mon but est de changer de logique en permettant aux départements de s’organiser comme ils le souhaitent et d’aller sur le terrain de l’expérimentation ou de la fusion si cela fait partie des attentes des élus. Il est temps de laisser les collectivités impulser leur propre mouvement plutôt que de se voir tout imposer d’en haut ».

Quand François Fillon voulait supprimer 30 000 communes
François Fillon : les paradoxes d’un notable jacobin

Attendu sur le terrain de la baisse des dotations aux collectivités, François Fillon a clarifié son propos. « Oui à une baisse adaptée pour les collectivités qui sera de 7,5 milliards sur 5 ans (environ 1,5 milliard par an, ndlr). Mais en échange, l’Etat allégera plus fortement les contraintes qui pèsent sur vous. Nous arrêterons de vous transférer toujours plus de compétence et vous aurez une plus libre grande liberté dans la gestion de votre personnel. Vous devez pouvoir embaucher des personnels qui ne sont pas sous statut ».

Sur la délicate question de l’augmentation du temps de travail, François Fillon « assume qu’il y ait un peu moins d’emploi public et des fonctionnaires qui travaillent 39 heures. Cessons de dire que tous les fonctionnaires sont des infirmiers ou des policiers. Je propose de baisser le nombre de fonctionnaires de 8% pendant 5 ans, un rythme raisonnable » a-t-il insisté.

« Mais nous respecterons la libre-administration des collectivités qui doivent conduire leur propre politique. Cela passera par la négociation, qui définira les modalités de cette augmentation du temps de travail. C’est aussi comme cela que nous relancerons les augmentations des agents publics et la progression des carrières », a expliqué François Fillon.

François Fillon : « Il faut réduire les effectifs dans la fonction publique
Les approximations de François Fillon sur la fonction publique

Le député de Paris souhaite également revoir les prestations sociales, en mettant en place « une allocation unique qui permettrait de personnaliser les prestations à destination des plus démunis ».

Autre proposition de François Fillon, la stabilité institutionnelle. « Ne touchons à rien pendant 5 ans. Le conseiller territorial se fera seulement dans les départements qui le souhaitent ». Une façon élégante d’enterrer la réforme qu’il a porté pendant son séjour à Matignon et dont il a pourtant réaffirmé l’importance pendant la campagne des primaires.

«Ce serait totalement démagogique de ma part de vous dire que je suis capable de mettre en place une fiscalité propre pour les départements », a avertit François Fillon. D’autant que pour le candidat de la droite, la mère des priorités ne réside pas dans une nouvelle dynamique institutionnelle des territoires, mais dans « le redémarrage de l’économie, et la baisse du chômage ».

S’il gagne l’élection, il compte consacrer son quinquennat à cet objectif, une éventuelle réforme territoriale reposant « sur mon successeur », a-t-il ironisé.
 
 

Emmanuel Macron

Le candidat d’En Marche, souvent attaqué sur son inexpérience d’élu, a tenu à rassurer les membres des conseils départementaux. « Les départements sont un partenaire indispensable de l’Etat. C’est un espace de solidarité essentiel dans une politique de renforcement de la compétitivité. »

L’ancien locataire de Bercy souhaite « clarifier la question financière » en proposant 10 milliards d’euros de baisse des dépenses sur 5 ans « pour tous les échelons locaux ».
« Je refuse de croire à une méthode de baisse unilatérale des dépenses. Des objectifs seront fixés tous les ans et évalués tous les six mois entre le ministre chargé de ces sujets et les présidents de départements », a expliqué Emmanuel Macron, précisant que « la baisse des dépenses devra se faire sur le fonctionnement, et pas sur les seules dotations ».

Autre proposition du candidat : « les collectivités doivent bénéficier du plan d’investissement de l’Etat qui permettra de développer des équipements collectifs performants, ou le numérique. »

Sur la question du RSA, Emmanuel Macron soutient « le principe de recentralisation des allocations pour permettre un suivi départemental plus individualisé et ne plus demander aux départements de choisir entre la culture, l’école et les prestations sociales. »

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L’ancien proche de François Hollande propose également d’assouplir « les contraintes pour redonner plus de souplesse dans la gestion des normes et mettre en place des circulaires moins uniformisantes par le biais d’une conférence des territoires ». Cet allégement des contraintes devrait aussi permettre de « délier les collectivités de leur obligation de suivre les évolutions du point d’indice. Ce n’est pas logique qu’on augmente les fonctionnaires territoriaux quand on veut toucher les fonctionnaires hospitaliers. » Emmanuel Macron propose enfin, sur cette question des fonctionnaires, d’assouplir les conditions de recrutement des contractuels, sans plus de précision.

Dernier objectif de la réforme territoriale vue par Emmanuel Macron : « réduire d’un quart les départements d’ici 2022 en faisant du sur-mesure. » « Pour les métropoles, il faut envisager la fin du département quand le périmètre est très semblable, comme Paris et Marseille, mais pour les villes de taille moyenne et les territoires ruraux, le département reste le bon échelon », estime le candidat. Qui ajoute en conclusion ne pas souhaiter de réforme institutionnelle globale « pendant mon quinquennat, car vous avez eu votre lot ».
 
 

Marine Le Pen

C’est David Rachline, sénateur-maire de Fréjus (Var) qui a représenté Marine Le Pen à la tribune. « C’est la seule candidate des départements et il n’y a qu’elle qui en garantit l’existence à long terme », introduit le Monsieur collectivités du FN. « Il faut être cohérent. On ne peut pas défendre les départements et adouber la suppression des communes au profit de monstres intercommunaux sur ordre de l’Union européenne », a attaqué le sénateur.

« C’est pour cette raison que nous défendons le maintien des communes, des départements et de l’Etat : trois échelon, pas plus. Cette démarche est gage de simplification et la suppression des régions permettra de baisser les impôts locaux », malgré « le transfert de compétences aux départements », explique David Rachline. Dans le schéma frontiste, les régions deviennent « un organe de coordination, sans élus propres ».

Il évoque également la possibilité de mettre en place « des collaborations interdépartementales si cela a un sens géographique ou technique ».

Le credo jacobin de Marine Le Pen
Chez les fonctionnaires, Emmanuel Macron et Marine Le Pen font la course en tête

Quant aux fonctionnaires territoriaux dont Marine Le Pen souhaite le « redéploiement », « ils resteront dans leur collectivité si le périmètre reste inchangé ou iront vers la nouvelle institution en cas de fusion. Nous ne remplacerons pas les départs en retraite. Notre raisonnement est simple. A compétence supplémentaire, fonctionnaire remplacé. A compétence supprimée, fonctionnaire non remplacé », explicite l’élu.

Un choix qui s’inscrit dans une économie plus large de 10 milliards sur les dotations aux collectivités grâce à « la fin des CESER et des doublons entre collectivités ». David Rachline estime également que les plans anti fraudes (aux allocations sociales) mis en place par certaines collectivités contribueront au redressement des comptes publics.

La lutte contre la fraude sociale sauvera-t-elle les départements ?

« Nous souhaitons développer les référendums locaux pour permettre de trancher en amont les grandes infrastructures. Un Etat fort s’assurera ensuite de faire respecter cette position ,» conclut David Rachline.
 
Benoît Hamon

Le candidat du Parti socialiste s’est revendiqué de François Mitterrand pour expliquer que « dans une France dont les citoyens ont peur qu’elle se défasse, le pouvoir décentralisé doit continuer d’assurer qu’elle se fasse ». Pourtant, souligne Benoît Hamon, « les réformes successives n’ont pas réconcilié les Français avec la décentralisation et l’action politique. »

Pour ce faire, l’ancien ministre de l’Education souhaite mettre en place « une loi de financement des collectivités territoriales pour assurer une stabilité dans les dotations. Je prends l’engagement de ne plus faire d’économie sur les services publics », a-t-il assuré.

« Les départements sont l’échelon phare de la solidarité. Ce n’est pas un hasard qu’ils soient aujourd’hui sous le feu des attaques. On veut remettre en cause les solidarités nationales. D’ailleurs, on voit bien que les métropoles refusent d’aller sur ce terrain », souligne le gagnant des primaires de gauche.

« Je propose donc une vision totalement nouvelle de la solidarité, en mettant en place une réforme de l’ensemble des allocations qui aboutira au revenu universel », explique le candidat.

« L’urgence aujourd’hui, c’est de lutter contre la pauvreté et le non-recours aux droits qui représente un chiffre bien plus important que celui de la fraude. Je refuse d’imputer le coût du revenu universel, qui coûtera 30 milliards d’euros par an, aux collectivités. L’Etat le financera intégralement. »

Les propositions de Benoît Hamon, candidat du PS à l’élection présidentielle
Revenu universel, réforme du RSA… Que proposent les candidats en matière de minima sociaux ?

« Le revenu universel créerait un droit des pauvres » – Pierre Savignat
« Il faut arrêter le mécano territorial. Je propose de stabiliser la carte des territoires. Ces débats finissent par détourner les Français des politiques », regrette Benoît Hamon.

Pour rapprocher les citoyens des décisions politiques, le candidat est favorable à ce qu’ils participent de façon beaucoup plus importante aux grandes décisions du pays. « La loi Pour une république numérique d’Axelle Lemaire a permis de fluidifier les relations entre élus et administrés sur ce sujet. Six articles ont été écrits directement par les citoyens », s’est-il félicité.

Enfin, Benoît Hamon a été le seul candidat à aller sur le terrain du vieillissement, « un phénomène de société qui nous concerne tous. » Il propose d’augmenter l’APA « de 30%, une hausse intégralement financée par l’Etat », la création d’une allocation Bien vieillir pour un montant d’un milliard d’euros afin d’abaisser le reste à charge du coût des maisons de retraite, et le financement d’emplois supplémentaires dans les EHPAD, grâce à une économie de 2 milliards financée par la baisse de l’hospitalisation des personnes âgées.

 

Marie-Pierre Bourgeois, Romain Mazon | A la une | A la Une finances | Actualité Club finances | France | Publié le 08/03/2017

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